Du 13 au 16 avril 2026, Corentin Olivier, docteur en archéologie et dendrochronologue (Les Clés du Bois), a passé quatre jours au cœur des combles du logis seigneurial, immergé dans une charpente médiévale à liens cintrés. Une structure remarquablement conservée, dont les premiers indices commencent à révéler une histoire longtemps restée silencieuse.

L’intervention a croisé deux regards complémentaires. D’un côté, une lecture archéologique directe des bois en place : observation fine des assemblages, relevé des marques de chantier, analyse des traces d’outils et premières pistes sur l’approvisionnement en bois d’œuvre. De l’autre, une campagne de prélèvements par carottage : 46 échantillons ont été extraits, aussi bien dans la charpente principale en chêne que dans des pièces de châtaignier en remploi au sein d’une structure attenante.

Désormais au laboratoire, ces carottes livreront leur chronologie : chaque cerne de croissance sera mesuré au microscope avec précision, patiemment, année après année.

Peu à peu, les questions prennent forme :

—   À quel moment ces arbres ont-ils été abattus ?

—   Dans quel contexte cette charpente a-t-elle été conçue et mise en œuvre ?

—   Que nous disent ces bois sur les choix techniques, les ressources mobilisées et l’évolution

La phase de terrain laisse désormais place au temps long de l’analyse : traitement des données, comparaisons, interprétations. Un travail patient, au cours duquel les réponses émergent progressivement, au fil des corrélations et des observations.

Les résultats de cette étude seront présentés et discutés lors d’une conférence publique le samedi 18 juillet 2026. Une invitation à découvrir, pas à pas, les conclusions d’une véritable enquête scientifique menée au cœur du patrimoine du château.

Cette étude de la charpente s’inscrit dans une démarche plus large, conduite collectivement à l’échelle du site, associant étude historique et fouilles archéologiques. Croisées avec celles des autres disciplines, les données issues de la charpente viennent enrichir une lecture partagée du lieu, où chaque apport contribue à affiner, nuancer et faire progresser la compréhension de son histoire.