Présentant le double intérêt d’avoir été l’un des châteaux-résidences des vicomtes de Limoges et d’avoir été abandonné relativement précocement, le castrum de Ségur est au cœur d’un projet de fouille programmée depuis 2020. Ce projet s’est concrétisé à travers six campagnes (2020–2025) dont l’un des principaux objectifs scientifiques était de mieux appréhender la topographie du castrum de Ségur. Les deux premières campagnes se sont déroulées au sein de l’enclos vicomtal, où sont concentrés les monuments les plus prestigieux du castrum (les tours et les logis vicomtaux, la chapelle). Celles de 2022, 2023 et 2024 se sont faites dans l’enclos nobiliaire . Il n’y a pas lieu ici de revenir sur le détail des découvertes effectuées depuis 2020, ce travail de synthèse ayant été fait dans le cadre du précédent rapport de fouille (Paloumbas-Odile 2023). On peut néanmoins récapituler les principales avancées qui résultent de ces fouilles.
La campagne de 2020
Focalisée sur le cœur de l’enclos vicomtal, la campagne de 2020 a révélé un grand bâtiment contreforté qui pourrait être antérieur à l’actuelle turris vicomtale (nous l’avons nommé “vieille tour”) fig.01. L’interprétation de ce bâtiment reste encore très incertaine à l’heure où sont écrites ces lignes : était-il, comme nous aurions tendance à le penser, une tour-maîtresse, ou doit-on plutôt l’envisager comme un bâtiment élitaire “subordonné” à la tour des vicomtes (statut qu’indiquerait la position de la porte sud, de plain-pied) ? Dans le cas d’une tour-maîtresse, on peut se demander si elle a été construite par les Comborn, c’est-à-dire après 1139, ou par les premiers vicomtes de Limoges (XI–premier tiers du XIIe siècle). La découverte de cet édifice majeur nous invite à repenser la façon dont était polarisé l’enclos vicomtal, et à envisager la circulation au sein de cet espace d’une manière nouvelle. Soulignons que l’ouvrage existait quand la chapelle a été agrandie vers 1450–1550 puisque son mur est a servi d’appui au gouttereau sud de cette extension. Un des intérêts de la fouille de 2020 a aussi été de révéler une grande densité de structures bâties au nord de la “vieille tour”, en particulier un mur hémicirculaire appartenant vraisemblablement à un bâtiment utilitaire (un four, une tour d’escalier ?). La campagne de 2020 a également été l’occasion d’explorer la zone située devant l’entrée de la chapelle Notre-Dame. Les vestiges découverts dans ce sondage sont variés : à l’est, deux murs en équerre contemporains de la chapelle ou antérieurs à celle-ci ; au milieu du sondage, un possible emmarchement pouvant correspondre à une extension bas-médiévale de la chapelle ; une sépulture à l’ouest de cet emmarchement fig.02 ; enfin, un mur dont les fondations sont appareillées en biais, à l’ouest de l’excavation.
Un mot peut être dit sur la sépulture, qui reste isolée à ce jour. Cette inhumation était située à 1 m sous le sol extérieur. Elle renfermait le corps d’un individu adolescent allongé sur le dos, tête à l’ouest, les bras repliés sur le thorax. Plusieurs épingles découvertes autour de l’individu semblent indiquer que ce dernier était enveloppé d’un linceul ou d’un costume. La datation du squelette a livré un spectre chronologique large (âge calibré : 1482–1646), ce qui ne permet guère d’être très précis. De prime abord, la découverte d’une sépulture à cet emplacement posait quelques problèmes d’interprétation, car aucun document écrit ne mentionnait l’existence d’un lieu d’inhumation au sein de l’enclos, et de plus l’espace situé devant la chapelle ne semblait pas propice, en théorie, à un cimetière. Une proposition serait de considérer que ce jeune individu a été enterré (au XVIe siècle ?) à l’intérieur de la “nef” dont nous pensons avoir découvert quelques vestiges en 2021. Cette nef existe sur le plan du XVIIe, dans des proportions qui semblent correspondre au volume restitué par la fouille. Cependant, il est tout à fait envisageable que deux nefs aient existé : une première peu ou prou contemporaine de la chapelle, une seconde plus tardive et de moindre ampleur. Plusieurs vestiges archéologiques appuieraient aussi l’hypothèse d’une nef, en particulier l’emmarchement mis au jour devant l’actuelle entrée de la chapelle. Tel que nous avons pu l’observer, c’est-à-dire très partiellement, cet escalier était composé de quatre marches de faible hauteur (de 0.12 à 0.18 m). La marche la plus haute serait assimilable à un palier en raison de sa profondeur (0.82 m de large). Les marches 2, 3 et 4 affichent quant à elles des girons bien moins importants, mais leurs dimensions sont relativement homogènes (respectivement de 0.22, 0.26 et 0.20 m). Quelle qu’ait été l’emprise de la nef, la découverte d’une sépulture à l’ouest de la chapelle confirme la vocation religieuse ou à tout le moins funéraire de cette zone.
La campagne de 2021
Les fouilles de l’été 2021 visaient à poursuivre les investigations au sein de l’enclos vicomtal. Un autre bâtiment inédit fut partiellement découvert à l’ouest de la “vieille tour” fig.03. Son mur est, d’une largeur de 1,60 m, est ajouré d’une baie à double ébrasement étroite, d’un type inédit à Ségur. La terminaison sud de ce mur sert d’appui à l’actuelle tour vicomtale, qui lui est donc postérieure. Nous suggérons de voir dans ce reste de bâtiment une aula. Celle-ci n’était pas collée à la tour à contreforts : environ 4 m séparaient les deux édifices, qui semblent toutefois être contemporains (ce que suggèrent notamment leurs appareillages, identiques). Au nord de ce vaste “entremis”, nous avons mis au jour une salle voûtée d’environ 3.50 x 4 m de côtés, au fond de laquelle ont été recueillies de nombreuses céramiques médiévales (céramique domestique essentiellement: vases à liquides, marmites). Lors de la campagne de 2021, nous avons également mis au jour le mur nord de l’actuelle tour vicomtale. Bâti avec un mortier arénique orange, sans chaux, ce mur paraît toutefois procéder d’une phase de réfection et d’agrandissement de l’édifice. Il était ajouré de trois ouvertures en pierre de taille de granite : une porte piétonne encadrée à l’est par un petit jour horizontal et à l’ouest par une grande fenêtre chanfreinée fig.04. Limités en raison de la présence des salles basses voûtées, les terrassements manuels que nous avons entrepris sur les restes du grand logis “XVe” ont quant à eux révélé un sol pavé sur toute l’emprise dudit logis. Bâti avec une forte pente, ce sol pourrait avoir été destiné à l’écoulement des eaux et à la circulation des animaux. Il n’est pas antérieur à l’Époque moderne (XVIII–XIXe siècles).
Les fouilles de 2021 ont aussi concerné la zone située devant la chapelle Notre-Dame. Dans cette zone, l’intervention a consisté à agrandir le sondage ouvert l’année précédente. Trois fosses creusées dans le substrat, assimilables en première approche à des trous de poteau, ont été découvertes sous les maçonneries médiévales et tardo-médiévales de ce secteur. Parmi ces maçonneries, nous pensons avoir identifié les restes du mur gouttereau sud de l’extension de la chapelle (la “nef” des plans Hautefort, qui abritait la sépulture exhumée en 2020). La datation des maçonneries anciennes de ce sondage reste cependant très incertaine en raison du mauvais état de conservation des ouvrages.
La campagne de 2022
Durant l’été 2022, le castrum de Ségur a fait l’objet d’une troisième campagne de fouille programmée. Centrée sur l’enclos nobiliaire, cette opération de quatre semaines a révélé une fois de plus la richesse du sous-sol du château. Trois sondages ont été ouverts en 2022 : un dans la terrasse ouest, un autre dans l’emprise du logis-tour contreforté qui borde l’entrée de l’enclos, le troisième devant la porte de l’enclos vicomtal. Des tronçons de murs appartenant à une strate vraisemblablement ancienne ont été trouvés, certes en mauvais état, dans les deux premiers sondages. Associés à du mobilier métallique et peut-être céramique attribués aux X–XIe siècles, ces maçonneries révèleraient une strate architecturale encore méconnue à Ségur, possible témoin du château carolingien ou postcarolingien fig.05. Cependant, l’essentiel des structures bâties découvertes en 2022 semble dater des XII–XIIIe siècles. C’est notamment le cas du mur d’enceinte taluté exhumé dans le sondage nord-ouest : flanqué de deux tourelles-contreforts en fer à cheval, ce mur d’environ 2 m de large n’était jusque-là connu que par les plans modernes fig.06. Le sondage dans le logis-tour contreforté a permis de voir que ce bâtiment n’était pas carré comme nous l’imaginions, mais rectangulaire: son plan est le même que celui de la “vielle tour” (5.30 x 7.50 m de côtés dans-œuvre) fig.07. Le pavillon dit “de la Reine” serait également une construction des XII–XIIIe siècles, toutefois très largement remaniée à la fin du Moyen Âge. La découverte d’une cheminée à foyer curviligne dans le mur gouttereau nord de l’édifice confirme à tout le moins l’ancienneté du logis fig.08. Un des objectifs du troisième sondage de 2022 était aussi de vérifier l’hypothèse d’un fossé devant l’entrée de l’enclos vicomtal, hypothèse suggérée par les deux rainures de flèches visibles sur la porte dudit enclos. Le fossé a bien été trouvé : entièrement creusé dans le substrat, l’ouvrage présentait à l’ouverture un plan grossièrement ovalaire matérialisé par des parois quasi-verticales et un fond plat. Son grand côté (dans le sens est-ouest) atteignait environ 7.30 m. La fouille a permis de voir que ce fossé avait été colmaté, sans doute au XVIIe siècle, par un imposant escalier à double montée convergente possiblement commandité par Jacques-François de Hautefort fig.09. Le sol pavé subaffleurant, à l’ouest du fossé, daterait de la fin de l’Époque moderne.
La campagne de 2023
Inscrite dans la continuité des fouilles de l’été 2022, la campagne de 2023 a consisté à ouvrir trois nouveaux sondages. Ceux-ci recelaient un lot conséquent de vestiges : huit maçonneries, plusieurs foyers, deux silos… et une quantité relativement importante d’artefacts médiévaux, parmi lesquels deux monnaies et de très nombreux restes céramiques fig.10. Les deux possibles silos que nous avons découverts en 2023 documenteraient une phase précoce du castrum (X–XIe siècles ?). L’un a été exhumé près de l’actuelle entrée du château fig.11, le second en face de la tour à contreforts enveloppants du front ouest. Mais l’époque la plus présente des sondages de 2023 est le plein Moyen Âge. Elle est illustrée par trois murs doublement parementés, plutôt massifs puisque mesurant en moyenne 1.15 à 1.20 m de large. Parmi ces murs, on mettra en avant la grande maçonnerie nord-sud du sondage 1, assimilée à un mur de logis-tour. Plusieurs petits foyers et une imposante couche rubéfiée font aussi partie des découvertes majeures de cette campagne de fouille, car nous n’avions jusque-là pas recensé de vestiges de ce type. Ils prouvent que des strates d’occupation existent, certaines peu enfouies, et donc que le potentiel archéologique de l’enclos nobiliaire est plus riche que nous ne l’espérions : nous avons maintenant la certitude que la zone située en face de l’actuelle entrée était bâtie au cours du Moyen Âge, alors que nous pensions jusqu’à présent que le cœur de l’enclos était plutôt réservé à la circulation. Ces trouvailles ouvrent aussi des perspectives de recherche paléo environnementales inédites sur l’occupation du bas castrum de Ségur. Dire enfin que les temps modernes étaient représentés dans le “corpus” de 2023. Le plus spectaculaire vestige datant de cette époque est probablement l’édicule circulaire mis au jour près de la tour à contreforts enveloppants (un bassin ?). Cet édicule inédit ne figure pas sur les plans “XVIIe”. Il témoigne du fait que de nombreuses constructions restent anonymes, y compris celles réalisées après le Moyen Âge. Les murs du sondage sud dateraient aussi de cette phase moderne, même si leur interprétation est encore loin d’être assurée. Ils se calquent en tous cas sur le dessin du château réalisé vers 1600.
La campagne de 2024
La fouille de 2024 visait à poursuivre la précédente campagne, en prolongeant l’exploration des maçonneries découvertes devant le porche d’entrée de l’enclos nobiliaire fig.12. De nombreux murs furent trouvés à l’occasion de cette fouille, en plus de ceux exhumés en 2023. Plutôt épais (ils mesurent en moyenne entre 1.10 à 1.40 m de large, soit entre 3 et 4 pieds environ), doublement parementés, ces ouvrages ont été interprétés comme des fondations de maisons. Des couches foyères et des dépotoirs domestiques mises au jour à proximité de ces murs correspondraient aux dernières phases d’occupation des maisons (intervalle retenu d’après les céramiques : XIII–XVe siècles). Celles-ci auraient été détruites à la fin du XVe siècle ou au début du siècle suivant, lors des grands travaux de mise en défense du front nord.
La session de 2024 a aussi livré trois voire quatre “fosses” creusées dans le gneiss subaffleurant, près du puits. De taille modeste, elles ressembleraient à première vue à des négatifs de bâtiments sur poteaux. Nous savons qu’elles ont été colmatées au cours de la période médiévale, peut-être après avoir été réutilisées comme dépotoirs, mais leur datation n’est pas assurée à ce stade. La faible emprise de la fouille ne nous a malheureusement pas permis de restituer un quelconque plan de bâtiment. À défaut d’être explicite, la présence de structures en creux sur cette zone pourrait suggérer que l’occupation “ancienne” (v. l’an mil ?) ne se réduisait pas à la plateforme haute, ou simplement témoigner de la présence de bâtiments en matériaux légers sur cette partie du site.
La fouille de 2024 s’est donc révélée prometteuse, car elle a fait émerger un nouvel axe de recherche, celui de l’habitat “civil” dans le château. Il s’agit d’une partie de l’histoire de Ségur un peu méconnue et à dire vrai oubliée de l’historiographie.
La campagne de 2025
La fouille menée au sein de l’enclos vicomtal du castrum de Ségur, durant le mois d’août 2025, correspond à la sixième campagne d’archéologie programmée réalisée sur ce site depuis 2020. Cette intervention relève d’un cadre un peu particulier : elle avait en effet été préconisée par le service régional de l’Archéologie après la découverte fortuite d’un escalier droit reliant les salles basses voûtées du logis attribué aux Chauvigny-Bretagne, à l’enclos vicomtal. S’inscrivant toutefois dans la continuité des recherches que nous avons entrepris sur le site, l’intervention de 2025 était aussi l’occasion de compléter le récolement des données sur le château et de les inscrire dans une réflexion scientifique. Bien plus complexe que nous l’imaginions, le peuplement du château s’est peu à peu révélé au gré des fouilles.
Au cours de cette session, nous pensons avoir identifié plusieurs témoins d’une occupation antérieure à la grande vague de construction du XIIIe siècle : deux trous de poteau, une couche d’incendie, et une maçonnerie dont les fondations sont appareillées en biais. Ces vestiges ont été retrouvés au sein d’horizons stratigraphiques profonds. Leur enfouissement et les quelques artefacts recueillis à proximité (parmi lesquels un fragment de céramique rouge polie, notamment) nous autorisent à les situer avant les maçonneries du plein Moyen Âge. Dans l’attente des études spécialisées, nous resterons toutefois prudents dans nos interprétations.
La fouille de 2025 était aussi l’occasion d’aborder l’étude du logis médiéval situé au sud du pavillon de la Reine. Nous l’assimilerions à un logis vicomtal dont le commanditaire pourrait avoir été Adémar V, Gui V ou son fils Gui VI. En effet, les baies à double ébrasement qui ajourent son mur pignon est orientent les datations vers les années 1200. Inspirées des baies d’églises, ces ouvertures se caractérisent par une embrasure externe peu profonde, et une étroite fente de jour ponctuée d’un linteau échancré en demi-cercle. Elles ont un autre point commun : l’utilisation de l’arc en plein-cintre à rangs de voussoirs convergents.
À la charnière des XIVe et XVe siècles, les propriétaires du logis (peut-être Jeanne de Penthièvre, Jean Ier de Châtillon, ou Olivier de Blois ?) lui auraient adjoint une tour que nous interprétons comme une tour d’escalier. Cette hypothétique “vis” est matérialisée aujourd’hui par un bâtiment circulaire d’un diamètre dans-œuvre de 2,90 m, construit à la chaux avec des petits moellons de gneiss à peine assisés. L’édifice prend appui, côté ouest, sur le pignon du logis vicomtal, et il repose, pour partie, sur un socle de fondation débordant. Cet ouvrage monumental ne figure sur aucun des plans “Hautefort”, aussi considérons-nous qu’il était arasé vers 1680. Son interprétation a été débattue mais elle n’est pas tranchée au terme de la fouille : l’emplacement de l’édifice conviendrait aussi, sur le principe, à une tour de défense.
Lors des travaux colossaux qui accompagnèrent la construction du nouveau logis sur cave, sur le front ouest de l’enclos vicomtal, l’ancienne demeure vicomtale dû être passablement modifiée. On changea notamment la superstructure de la porte de son pignon oriental, ceci pour permettre la jonction entre l’arrière-voussure de l’ouverture, dont il subsiste quelques claveaux, et la voûte du “boyau”. Marguerite de Chauvigny et Jean de L’Aigle seraient les commanditaires de ces travaux. Le sort de la “vis” durant cette période est incertain, mais il semble qu’elle pourrait avoir coexisté, un temps, avec la descente de cave. Seules des fouilles profondes à l’intérieur du logis permettraient de comprendre l’histoire architecturale de l’édifice, qui a sans doute été abandonné progressivement. Il ne devait plus être en activité vers 1680, période où les Hautefort décidèrent la construction d’un escalier à deux volées en équerre le long de sa façade est. Cet escalier reliait une galerie en bois qui desservait l’étage de l’extension de la chapelle (appelée “nef” sur les plans anciens), transformé en grange à blé.
L’ultime séquence mise au jour dans le cadre de ces fouilles est un sol empierré dont nous avions dégagé une partie du revêtement, en 2021. Ce sol était vraisemblablement destiné aux animaux et à l’évacuation des eaux.
Les sondages entrepris dans l’enclos vicomtal du château de Ségur durant l’été 2025 ont donc été positifs sur de nombreux aspects. Tenant à la fois de la fouille de sauvetage et de la fouille de programme, portée par des enjeux scientifiques (suite de la fouille de 2020) et programmatifs (la restauration de l’accès aux salles basses du logis Chauvigny-Bretagne), cette opération prouve, s’il en était besoin, l’intérêt de l’archéologie sédimentaire à Ségur-le-Château. Le phasage des vestiges de 2025 s’inscrit dans la trame chronologique que nous suivons depuis le début des fouilles à Ségur. Des nuances ont été introduites cependant : le possible niveau d’incendie que nous proposons de lier à la démolition supposée du château de Ségur par les Brabançons, et la tour circulaire, qui aurait été construite à la toute fin du XIVe siècle ou au début du siècle suivant. L’étude du logis vicomtal est un autre apport important de cette fouille. Les deux baies à double ébrasement de son mur oriental s’avèrent être des unica dans le contexte ségurois. Destinées à être vues, elles illustrent assurément le statut des propriétaires. Pour conclure, nous insisterons sur le fait que la fouille de 2025 a révélé plusieurs niches archéologiques qui mériteraient de faire l’objet d’une attention particulière si des travaux étaient envisagés sur ce secteur. Nous pensons à la tour, à la fosse de la descente de cave, mais également à la zone de remblais située à l’intérieur du logis vicomtal, colmatée par des niveaux de démolition particulièrement riches en vestiges lapidaires.